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1860

Les Roses du Harem

Armand RENAUD

LE Calife, aux accents des musiques de fête, Un soir, dans le harem, parlait à son poète. Les roses de Bagdad, rouges comme du sang, Ornaient un bassin d'or de leur éclat puissant.

Et le maître, admirant leurs corolles écloses : « Flambeau de l'univers, poète, sur ces roses Compose-moi, dit-il, un distique savant. » Et le poète alors répondit en rêvant : «

Elles ont la couleur que sur un front de femme, Quand paraît sou amant, met la pudeur de l'âme. » Or une favorite au regard enflammé, Se rapprochant d'Haroun, cria : « Mon bien-aimé,

Ce distique trop froid décolore les choses ; J'ai de quoi peindre mieux le feu pourpre des roses, Car, moi, de mes désirs j'y vois le rouge essaim Lorsque tu fais tomber le voile de mon sein ! »

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