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1860

Les Roches bleues

Armand RENAUD

RENVERSEZ bien tous les empires, Mes braves aux sabres sanglants ; De tous les monarques vampires, De leurs serviteurs encor pires,

Des peuples, leurs jouets tremblants, Percez les cœurs, ouvrez les flancs. Mais de ce coin de roches bleues, Dans un espace de vingt lieues,

Que tout point noir soit écarté. Que vos chevaux, dans leur fierté, Tramant les trônes à leurs queues, É pargnent la simplicité.

Là des gens, sans or et sans princes, Vivent au-dessus des brouillards, Satisfaits de leurs moissons minces, Prenant pour conseil leurs vieillards.

Nulle fange de mes provinces Ne les souille, ces montagnards. En se raillant de mes entraves, Ils sauraient mourir, fiers et droits.

Oh ! qu'ils vivent, les bons, les braves ! Je n'ai, sous mes traits durs et froids, De mépris que pour les esclaves, Et de haine que pour les rois.

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