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1860

Les Gouttes d'Eau

Armand RENAUD

MIDI régnait torride ; Aux flots pas une ride, Pas un souffle dans l'air. L'azur sans espérance,

A causer la souffrance, Était clair, La Rose, avec sa tige, Ne pouvait du vertige

Supporter le fardeau, Et criant : «Je trépasse ! » Demandait à l'espace Un peu d'eau.

L'amant qu'elle repousse, Bulbul, sous l'ombre douce, S'était mis à rêver. Voyant la fleur qui tombe,

Il voulut de la tombe La sauver. Sans penser que la Rose De son deuil était cause,

Loin de l'ombre, il vola Vers lé lac à l'eau bleue, Sis à plus d'une lieue Au delà.

Puis, le bec plein d'eau fraîche, Joyeux, il se dépêche De fendre l'azur sec, Et sur la fleur brisée

Fait tomber la rosée De son bec. Mais, son œuvre accomplie, Dans sa mélancolie

Il rentre inaperçu ; Et la fleur qui l'outrage, Jamais d'un tel courage N'a rien su.

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