Skip to content
1860

Les deux Couronnes

Armand RENAUD

QU'ON laisse Timour gouverner la terre, Qu'il soit le grand roi ! Moi, je mets ma gloire, au sein du mystère, A vivre pour toi.

Qu'il fasse plier l'Asie à ses armes, Et l'Europe avec ! Je me crois plus riche, ayant les seuls charmes De ton profil grec.

Qu'il compte dans l'air l'acier qui flamboie, Quand il dit : « Je veux ! » J'aime mieux compter les longs fils de soie Qui sont tes cheveux.

Qu'il soit enivré du son des trompettes, Des cris du vautour ! J'aime mieux, tout bas, que tu me répètes Quelque mot d'amour.

Il est seul, ce dieu, seul sur la poussière Des hommes broyés. Plus que son palais, ma hutte est princière ; J'y vis à tes pieds.

Pour se rafraîchir, après le ravage, Il n'a que du vin. Quand ma lèvre a soif, elle a pour breuvage Ton baiser divin.

Si Timour savait combien ta caresse Fait de bien au cœur, Esclave il voudrait t'avoir pour maîtresse, Timour le vainqueur.

Mais il n'en sait rien, il est trop superbe, Il fait trop de bruit. Oh ! cachons-nous bien, cachons-nous dans l'herbe ! L'amour veut la nuit.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Les deux Couronnes · Armand RENAUD · Poetry Cove