Dardant leurs petites prunelles
Aux champs que le feu calcina,
Sans nombre sont les coccinelles,
Les coccinelles de l'Etna.
Près du monstre en courroux, haletant comme un être,
Près des noirs tourbillons et près des jets de feu.
Pour leurs ébats d'un jour elles aiment à naître.
Les bêtes à bon Dieu.
Pendant que le sol tremble aux abords du cratère,
Que les explosions détonnent dans le ciel.
Leur rêve se complaît sur la brûlante terre
Où mugit le réel.
Dans leur fragilité, leurs impalpables ailes
De vivre en paix, où l'homme a peur, se font un jeu.
Dans les souffles de mort elles semblent chez elles,
Les bêtes à bon Dieu.
Que les pierres, la cendre et les vapeurs de soufre
De la lave bouillante émergent tour à tour,
Leur joie est de bercer avec les bruits du gouffre
Leur éphémère amour.
Dardant leurs petites prunelles
Aux champs que le feu calcina,
Sans nombre sont les coccinelles,
Les coccinelles de l'Etna.