MA coupe a la rondeur du ciel,
Mon vin la lueur des étoiles ;
Mon ivresse arrache les voiles
Qui couvrent l'immatériel.
N'ayant pas bu, quoi que je fasse,
Je frissonne au nom seul d'Allah ;
Ivre, je perds ces craintes-là,
Et je l'affronte face à face.
Tout ce que dans son bourbier noir
Me cache la raison qui rampe,
Aux folles lueurs de sa lampe
Le délire me le fait voir.
De mon cerveau des étincelles
Montent, dévorant l'infini.
L'ange trop longtemps impuni,
Sent ce feu lui brûler les ailes.
J'écrase le soleil du poing ;
A mon souffle, l'azur se crève.
Tout serait vaincu par mon rêve,
Si je ne me réveillais point.
Je me réveille et perds ma gloire.
Mais il reste encore un moyen
De réduire le ciel à rien :
N'y plus penser et n'y plus croire.
Regardons en bas pour qu'en vain
Le ciel là-haut brille ou se voile.
Oh ! le ciel l'emporte ! une étoile