POURQUOI ces vieilles femmes
Qui, de leurs doigts infâmes,
Vont souillant ce beau corps ?
Pourquoi ces longues plaintes,
Pourquoi ces larmes feintes,' .
Ces funèbres décors ?
Loin d'ici l'amertume !
Dans son plus beau costume,
Allons ! qu'on la parfume,
Au son des doux accords !
Tant que dura sa vie,
Elle n'avait envie
De rien qui ne fût beau.
Elle cherchait la joie,
Et l'éclat de la soie,
Et l'éclat du flambeau.
Aussi, sans douleur sombre,
Il faut charmer son ombre
Par des gaîtés sans nombre
Autour de son tombeau.
Pendant qu'elle sommeille,
Gracieuse et vermeille,
Qu'on envoie un crieur
Annoncer à la foule
Dont, par les pleurs, s'écoule
Le deuil extérieur,
Que j'ouvre la poitrine
Au premier dont la mine
Contredira, chagrine,
Mon visage rieur !