LE tombeau, large et haut, du plus pur marbre antique,
Avec austérité s'effrite au poids des ans.
A l'entour se déroule un bas-relief mystique
Où flotte une galère au milieu des brisants,
Tandis qu'au pied d'un roc en forme de portique,
Debout parmi les morts et les agonisants,
La sirène, étalant sa nudité plastique,
Chante les rêves d'or aux pouvoirs malfaisants.
Or, fiers de leur jeunesse, enivrés de leur joie,
Deux amoureux, voulant que nul œil ne les voie.
Au fond du grand sépulcre ouvert se sont posés.
Et pendant qu'ils sont là, blottis aux flancs du marbre,
Comme un nid gazouillant dans le creux d'un vieil arbre,
La Mort silencieuse abrite leurs baisers.