LES barbares du Nord, sous leurs assauts sans nombre,
N'ont laissé de la ville éternelle qu'une ombre.
Tout a fui, les Césars, les mimes et les dieux.
La croix a triomphé du thyrse radieux.
Et des festins savants la table est desservie.
Mais quel que soit l'ennui des temps nouveaux, la vie
Est chose douce encore à qui sait l'employer.
Cessa s'est amusé, vingt ans, à guerroyer
Tantôt pour le Germain et tantôt pour le pape.
Maintenant, riche et vieux, il arrive à l'étape,
Et, voulant en repos dormir et boire frais.
D'un cloître il a gagné les ombrages discrets.
Il bénit, il confesse, il absout. Les armées
Qui passent sur le corps des villes consumées
Épargnent le couvent aux murs mystérieux.
Et, las du fer, trouvant qu'une robe vaut mieux,
Cossa sent dans son cœur l'apaisement des baumes
A s'arrondir la panse, en récitant des psaumes.