Skip to content
1860

Le Luth

Armand RENAUD

IMMENSE tapis d'herbe, La pelouse est superbe. A l'entour sont rangés Des orangers.

Dans le milieu s'élève, Moins matière que rêve, Un bloc étincelant, Tant il est blanc.

Et sur le bloc énorme S'appuie un luth de forme Plus merveilleuse encor, Et tout en or.

A travers un nuage La lune qui voyage, Montre parfois ses traits, Pour fuir après.

Par la lumière blanche Qui de l'azur s'épanche, Éclairé tout d'abord, Le luth ressort.

Et sitôt que la lune Des cordes touche l'une, La corde a le frisson Et jette un son,

Si bizarre et si tendre Que les nids à l'entendre Tressaillent, eu cherchant Quel est ce chant,

Si plein de molles choses Que, dans le cœur des roses, Cela semble un secret Qu'on surprendrait.

Alors mon corps qui plonge Dans l'herbe et qui s'allonge, Et qui, pour jouir mieux, Ferme les yeux,

Brisant la loi physique, Entre, avec la musique, Dans le monde enchanteur, Sans pesanteur.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Le Luth · Armand RENAUD · Poetry Cove