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1895

Le Familier de Monseigneur

Armand RENAUD

Errant dans sa villa pleine d'une ombre austère, Le grand camérier gémissait sur Voltaire, Lorsque son espion et familier, Cossa, En toute humilité jusqu'à lui se glissa.

Le dignitaire, avec sa florissante mine, Toisa le pauvre hère aux maigreurs de famine Qui devant lui courbait l'échiné platement. Et, paterne, lui dit : « Quoi de neuf, garnement ?

— Un ange. Monseigneur ! quinze ans ! répondit l'autre. Parlez, et cette fleur à cueillir est la vôtre. — Non ! ces fleurs sont toujours une source d'ennui. L'impiété nous mine et le scandale nuit.

— La Flora du théâtre Apollo vous plaît-elle ? » Mais lui, tout en plissant son jabot de dentelle : « Non, on l'affiche trop. Pas de théâtre ? — Eh bien !

Pour vous mettre en repos je ne vois qu'un moyen ; C'est que la dame ait un époux. Il en est une Blonde, bien faite, sage, une bonne fortune, Un mois de mariage au plus.

— Mais le mari ? — Contre les préjugés philosophe aguerri. Il fera tout, afin qu'elle vous appartienne, — C'est au mieux. Et quelle est cette femme ?

— La mienne. »

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