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1860

Le Charmeur

Armand RENAUD

LES yeux brillants, le corps en limaçon, Le serpent roux guette dans le buisson. Aux moucherons errant sous l'herbe chaude,Aux moucherons errant sous l'herbe chaude, Son corps poli fait l'effet d'un glaçon.

Il se confond avec les feuilles sèches ;Il se confond avec les feuilles sèches ; Calme et terrible, il attend sa moisson ; Lorsqu'un charmeur vient siffler un air vagueLorsqu'un charmeur vient siffler un air vague Sur une flûte à l'harmonieux son.

Et le serpent qu'étonne la musiqueEt le serpent qu'étonne la musique Détend son corps d'amoureuse façon. Il se soulève et danse sur la queue,Il se soulève et danse sur la queue, Et ferme l'œil en un moelleux frisson.

Le charme est tel qu'il oublierait de mordre,Le charme est tel qu'il oublierait de mordre, Quand on viendrait le hacher par tronçon. O toi, Rêveur qui veux dompter les hommes,O toi, Rêveur qui veux dompter les hommes, Prends au charmeur de serpents sa chanson.

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Le Charmeur · Armand RENAUD · Poetry Cove