SUR la mer bleue aux blanches lames
Où le vent du soir fraîchissait,
Plongeant à la fois ses deux rames,
En cadence un pêcheur glissait ;
Sur la rive, devant sa hutte,
Assis sur un rocher moussu,
Un pâtre jouait de la flûte
Et riait de l'écho perçu ;
Quand, charmé par ces harmonies,
Un rêveur qu'exaltait l'amour,
Pour peindre les lèvres unies,
Inventa la rime à son tour.
O toi dont la beauté m'enfièvre,
A mon désir qui suit tes pas
Tends le fruit pourpré de ta lèvre,
Mes rimes ne tariront pas.