PÊCHEUR, la torche s'allume,
La nuit va s'illuminer.
Ton filet sondant la brume,
Pêcheur, que va-t-il ramener ?
Une perle, au fond de l'onde,
Sur un lit de pourpre et d'or.
Attend, pour paraître au monde,
Le conquérant de son trésor.
Allons, pêcheur ! suis la brise,
Mets l'audace dans ton cœur.
Que nul labeur ne t'épuise !
La perle est le prix du vainqueur.
— Jamais sur mer plus troublante.
Sur abîme plus obscur,
D'une torche plus brûlante
Je n'ai cherché joyau plus pur.
Car la perle est une femme,
Et l'onde immense est l'amour ;
Et c'est mon cœur dont la flamme
S'épuise à brûler loin du jour.
Oh ! combien la mer est douce !
En jouant dans mes cheveux,
Un souffle embaumé me pousse.
Perle de l'amour, je te veux !