J'AI beau vouloir souffler ma lanterne ;
Toujours la flamme y luit bel et bien.
Moi, l'homme fort que rien ne consterne,
Je souffle encore, et je n'éteins rien.
Se dérobant, cette flamme adroite,
Mieux qu'un jongleur, me fait mille tours.
Je souffle à gauche et je souffle à droite ;
Railleuse et claire, elle est là toujours.
Sa résistance attriste ma vie ;
Mais nous verrons, quitte à m'étrangler,
Qui, le premier, perdra son envie,
Le feu de luire, ou moi de souffler.
Or l'ouragan arrive en troisième
Qui, profitant de mon trop d'émoi,
Perfidement tranche le problème,
En renversant la lanterne et moi.