QUAND l'amour prend l'âme, il tient bien.
Il ne s'en va pas comme il entre.
C'est en vain, pour chasser le mien,
Que je me suis ouvert le ventre.
Bien qu'en moi le fer aiguisé
Se soit plongé comme un vorace,
Tout s'est vite cicatrisé ;
Il en reste à peine la trace.
Mais, hélas ! l'invisible mal
Que m'a fait une séductrice
Avec ses yeux de noir cristal,
Je ne crois pas que j'en guérisse !
Un seul baume serait calmant :
La lèvre de ma bien-aimée,
Cette tasse de thé fumant
Dont je n'ai rien que la fumée !