AU seuil du verger plein d'arbres fleuris,
Je guettais de loin ta venue,
Quand, brisant les fleurs, chassant leurs débris,
L'orage est tombé de la nue.
Et ce vent maudit, sur moi se jetant,
Me cingla les chairs avec rage.
Je t'aimais si fort, je t'espérais tant
Que je tins ferme sous l'orage.
Des fleurs qui jonchaient le sol dévasté
Tu vins pour pleurer le désastre.
Mais tu m'oublias, et de mon côté
Tu ne tournas pas tes yeux d'astre.
Et mon cœur alors, perdant son soutien,
Eut aussi ses fleurs dispersées.
Et de ton verger le deuil ne fut rien
Devant le deuil de mes pensées.