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1881

L’Irréparable

Armand RENAUD

Quel parfum j’irais répandre En ton cœur, si tu voulais ! Mais tu ne veux rien comprendre. A ne rien voir tu le plais.

Nos lèvres sont des fleurs douces, Nos yeux ont l’éclat du jour ; Cependant tu me repousses Sans souci d’aucun amour.

Oh ! quelle amère folie, Source du regret cuisant ! Crains que l’amour ne t’oublie, Toi qui le fuis à présent.

Quand partent les hirondelles, C’est pour revenir au nid ; Mais les heures infidèles S’envolent, puis c’est fini.

Si du sort qui nous invite, Si du jour sans lendemain Nous ne profitons pas vite Pour nous aimer en chemin,

Combien lourd sera le voile Qu’il nous faudra soulever, Avant que, dans quelque étoile, Nous puissions nous retrouver !

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