Graveur à la fine arabesque,
Ciseleur au savant marteau,
Cossa, comme orfèvre, vaut presque
Le maître exquis, Benvenuto.
Compagnon galant et rebelle,
Cossa ne s'estime complet
Qu'ayant un sonnet pour sa belle
Et pour son rival un stylet.
Bon joueur de luth, chanteur rare,
Flatteur à la verve sans fin.
Aux cours de Parme ou de Ferrare
Il n'est, sans lui, de souper fin.
Comme tous les bons catholiques,
Chaque jour il dit son Credo,
Mais n'en fait pas moins ses reliques
De Vénus et de Cupido.
Il craint l'enfer et veut un prêtre
Pour l'absoudre dans son tombeau.
Mais il se damnerait pour être
L'auteur du bijou le plus beau.