TOUJOURS au guet, toujours par les herbes vaguant,
Cossa, selon la chance, est chasseur ou brigand.
Sa cuisse vaut un roc, son poing vaut une meule ;
Sa mâchoire saillante a des aspects de gueule ;
Ses jambes, sa poitrine et ses bras sont velus.
Et c'est dans le grand bois comme un fauve de plus.
Pourtant cet indomptable a quelqu'un qui le dompte,
Bandit d'esprit plus vif et d'action plus prompte,
Romulus, le grand chef qu'une louve a nourri
Et qu'un tas de pillards doit suivre au premier cri.
Or voici le signal attendu.
Dans les antres
Tous ces gens ont bouclé la ceinture à leurs ventres,
Aiguisé le couteau, pris la hache et l'épieu ;
Et tous, maigres, hâlés, farouches, l'œil en feu,
Voulant du blé, voulant du vin, voulant des femmes.
Ils s'élancent. Le chef a bien ourdi ses trames.
Tous les biens qu'il leur a promis, ils les auront.
Car la force étant là, chacun courbe le front.
Et c'est ainsi que, pour la grande chasse à l'homme,
Cossa gagne la plaine où l'on va fonder Rome !