JETTE du sable, ô ma main,
Sur les tristesses du monde.
O mon pied, prends le chemin
De la taverne profonde.
O ma lèvre, n'apprends pas
De rosaire monotone ;
Avant mon premier faux pas,
Compte le vin que j'entonne.
O mon œil, laisse le ciel
Être d'azur ou livide,
Et vois, c'est l'essentiel,
Si ma coupe est pleine ou vide.
O ma robe, c'est en vain
Qu'on t'a mis des amulettes.
Qu'on les ôte, et que le vin
Te tache de violettes !
O mon cœur, point de souci.
La taverne est mal famée ?
Si l'ivresse est là, viens-y,
Et nargue la renommée.
Il n'est qu'un précepte sûr,
C'est d'éviter toute larme.
Le vin aime à rester pur ;
La moindre eau détruit le charme.