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1860

Flots, Palmes, Sables

Armand RENAUD

LOIN des yeux du monde, La mer est profonde, Les palmiers sont hauts, Les sables sont chauds.

S'il te faut les endroits vagues Qui luisent en se mouvant, O mon bien-aimé, les vagues Livrent leur crinière au vent ;

L'œil sur l'onde, aux doigts la coupe, Disparaissons en chaloupe, Avec le rêve à la poupe Et l'espérance à l'avant.

S'il te faut les endroits calmes Où tout chante et tout bénit, Viens au fond du bois des palmes, Avec moi, choisir un nid,

Un nid où, morts pour la foule, Nous vivions pour l'eau qui coule, Pour le ramier qui roucoule A l'heure où le jour finit.

S'il te faut les endroits mornes Où le corps est châtié, Allons au désert sans bornes, Sous le soleil sans pitié ;

T'ayant là, je serai forte. Mourir ! mourir ! que m'importe, Si je partage, étant morte, Ton sépulcre par moitié !

Loin des yeux du monde, La mer est profonde, Les palmiers sont hauts, Les sables sont chauds.

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