DANS ce monde épuisé de convulsions vaines,
Où l'on atteint le vide à force d'être instruit,
Parmi les vanités, les triomphes, les peines,
Qu'un souffle fait éclore et qu'un souffle détruit,
Dans l'ardent tourbillon des désirs et des haines,
Où jamais une main ne peut cueillir un fruit,
Le suprême secret des sagesses humaines,
Ce n'est pas la science, un mot ; la gloire, un bruit.
C'est, dans l'oubli de tout, l'extase où l'on se plonge,
Lorsque l'Illusion, tenant la fleur du songe,
Fait rayonner ses yeux d'étoile, loin du jour ;
A travers le réel c'est l'âme qui se joue,
Alors qu'eu sa splendeur de souveraine hindoue,
La Chimère à nos fronts met son baiser d'amour.