C'ÉTAIT vraiment la plus merveilleuse des fêtes.
Dans le palais ducal, plein d'arômes légers,
Les élégants seigneurs, costumés en bergers,
Faisaient, en fins propos, concurrence aux poètes.
Savourant la douceur des regards échangés,
Dans les bosquets fleuris où se perdent les têtes.
Les bergères livraient leurs âmes, toutes prêtes
A suivre le troupeau des rêves mensongers.
Un invisible chœur murmurait dans l'espace.
Un décor vague, fait d'horizons et de ciel.
Donnait la vision d'un pays irréel.
Tout n'était que clarté, musique, amour et grâce,
Et, dans cette féerie, Arioste joyeux
Avait bien le palais d'Alcine sous les yeux.