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1860

Délire

Armand RENAUD

LE marchand de perles m'a dit : « Ton front veut-il une couronne ? Tout mon bazar qui resplendit, Pour ta prunelle je le donne. »

Le marchand de roses reprit : « Laisse les perles chez l'orfèvre ; Tout mon royaume qui fleurit, Je l'échange contre ta lèvre. »

Le poète au rêve étoilé Dit à son tour : « Vivante flamme, De ton cœur donne-moi la clé, Et dans mes chants je te proclame. "

Mais que m'importe aucun trésor ? Je garde cœur, lèvre et prunelle Pour quelqu'un n'ayant pas encor Soupçonné ma plainte éternelle.

Perles, roses, vers, à mes yeux, Cela ne vaut pas un grain d'orge. Du bien-aimé j'aimerais mieux Que l'étrier broyât ma gorge.

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