LE marchand de perles m'a dit : «
Ton front veut-il une couronne ?
Tout mon bazar qui resplendit,
Pour ta prunelle je le donne. »
Le marchand de roses reprit : «
Laisse les perles chez l'orfèvre ;
Tout mon royaume qui fleurit,
Je l'échange contre ta lèvre. »
Le poète au rêve étoilé
Dit à son tour : « Vivante flamme,
De ton cœur donne-moi la clé,
Et dans mes chants je te proclame. "
Mais que m'importe aucun trésor ?
Je garde cœur, lèvre et prunelle
Pour quelqu'un n'ayant pas encor
Soupçonné ma plainte éternelle.
Perles, roses, vers, à mes yeux,
Cela ne vaut pas un grain d'orge.
Du bien-aimé j'aimerais mieux
Que l'étrier broyât ma gorge.