Skip to content
1860

Contrastes

Armand RENAUD

QUAND tu viens à moi, je sens Le frisson du vent nocturne, Le désir, comme un encens, Brûle en mon cœur qui sert d'urne.

Les cils flottant sur tes yeux Me charment tant que j'en souffre ; Je vais si loin dans les cieux Que je me figure un gouffre.

Plus l'incarnat est puissant De ta bouche si petite, Plus elle est rouge de sang, Ma blessure sans limite.

Tu me perces de poignards, Et de baumes tu m'inondes ; Aveuglés sont mes regards, Tant tes clartés sont profondes !

Oh ! verse-moi tes cheveux. Que ce vin musqué m'enivre ! Ne m'épargne pas. Je veux Mourir à force de vivre.

Vers le ciel, comme la mer, Hausse-moi par la tempête. Sois le sabre ayant l'éclair Quand il décolle une tête.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Contrastes · Armand RENAUD · Poetry Cove