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1895

Boue de l'Arno

Armand RENAUD

DE la montagne où l'Arno prend sa source Il s'élançait pour enlever leur bourse Aux gens par lui poignardés d'un seul coup. Bientôt ce jeu lui valut la potence.

Mais, des amis lui prêtant assistance, Il put s'enfuir avec la corde au cou. Dorénavant, corrigeant sa conduite. Il ne veut plus avoir les bois pour gîte,

Et trouve mieux l'abri d'une cité Où, se donnant pour appui tous les vices, Indifférent sur le choix des services. Il se vend cher aux gens de qualité.

Pour les beautés qui défont leurs ceintures, Pour les galants en quête d'aventures, I s'entremet de toutes les façons. Sans aucun risque, il passe ses journées

Dans les boudoirs aux senteurs raffinées Et boit en paix et chante des chansons. Mais sur un but que son couteau transperce, Chaque matin, par prudence, il s'exerce.

Pour être prêt, comme il sied aux bandits Dont un bras fort doit servir les vengeances, Quitte à payer le meurtre en indulgences Et s'assurer sa part de paradis.

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