Assis sur cette blanche tombe,
Ouvrons notre cœur !
Du marbre, sous la nuit qui tombe,
Le charme est vainqueur.
Au murmure de nos paroles
Le mort vibrera ;
Nous effeuillerons des corolles
Sur son Sahara.
S'il eut, avant sa dernière heure,
L'amour de quelqu'un,
Il croira du passé qu'il pleure
Sentir le parfum.
S'il vécut sans avoir envie
D'un cœur pour le sien,
Il dira : « J'ai perdu ma vie,
N'ayant aimé rien. »
Toi, tu feras sonner, ma belle,
Tes ornements d'or,
Pour que mon désir ouvre l'aile
Quand l'oiseau s'endort.
Et sans nous tourmenter des choses
Pour mourir après,
Nous dirons : « Aujourd'hui les roses !
Demain les cyprès ! »