O ville, amas ancien de rêve et de superbe,
Dressée en moi sur tes inébranlables fûts,
Qui te rabaissera jusqu'au niveau de l'herbe ?
Monceau de souvenirs étranges et confus,
Peuple mystérieux de muettes images,
Qui donc rendra la plaine au chant des bois touffus ?
Qui chassera de moi les rites et les mages
Et sur les noirs débris du temple renversé
Fera monter des cris d'oiseaux et de ramages ?
Quelle torche, ô mon cœur, sur ton marbre glacé
Étendra des lueurs sanglantes et sur l'âme
Lâchement assoupie et sur l'esprit lassé
Dardera la splendeur de ses langues de flamme ?