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1897

PRINTEMPS D'AUTOMNE

Pierre QUILLARD

La pourpre automnale ensanglante Les feuilles sèches des halliers Et transforme en floraison lente Les rayons d'Avrils oubliés.

D'insensibles métamorphoses Changent les clartés d'autrefois En d'artificielles roses Qui parent les jours gris et froids,

Et sous le ciel tendu de brume Et les nuages palpitants Leur odeur mourante parfume Un mélancolique printemps.

Très Chère, c'est aussi l'Automne Ténébreux pour nos cœurs lassés ; Mais en notre chair qui s'étonne Refleurissent les jours passés,

Et la ressouvenance lente Nous revêt, comme les halliers, D'un manteau de pourpre sanglante Faite des baisers oubliés.

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