La pourpre automnale ensanglante
Les feuilles sèches des halliers
Et transforme en floraison lente
Les rayons d'Avrils oubliés.
D'insensibles métamorphoses
Changent les clartés d'autrefois
En d'artificielles roses
Qui parent les jours gris et froids,
Et sous le ciel tendu de brume
Et les nuages palpitants
Leur odeur mourante parfume
Un mélancolique printemps.
Très Chère, c'est aussi l'Automne
Ténébreux pour nos cœurs lassés ;
Mais en notre chair qui s'étonne
Refleurissent les jours passés,
Et la ressouvenance lente
Nous revêt, comme les halliers,
D'un manteau de pourpre sanglante
Faite des baisers oubliés.