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1897

PAROLES SUR LA TERRASSE

Pierre QUILLARD

Des reines blanches inclinées Aux balustrades d'améthystes Pour fleurir la mort des journées Effeuillent des glycines tristes.

Fleurs plus brèves que les plus brèves, Vains thyrses que le vent spolie, Les noirs flots sans rives ni grèves Emportent leur cendre pâlie ;

Et c'est le deuil d'un double automne, Soir du jour et soir des feuillées, Qui dévaste l'ombre et frissonne Dans les ramilles dépouillées.

Des pas glissent sur la terrasse ; Une étoffe roide s'y froisse ; Les voix que la nuit blême efface Tremblent d'adieux, meurent d'angoisse,

Et cygnes chassés de tout fleuve, S'en vont fébriles et blessées, Sans que la ténèbre s'émeuve Aux cris des âmes délaissées.

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