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1897

L'AUTOMNE A DÉNUDÉ…

Pierre QUILLARD

L'automne a dénudé les glèbes et le soir, Un soir d'exil et de mains désunies, S'approche à l'horizon des plaines infinies, Roi dévêtu de pourpre et spolié d'espoir.

O marcheur aux pieds nus et las qui viens t'asseoir Sans compagnon, parmi les landes défleuries, Près des eaux mornes, quelles mêmes agonies Alourdissent ton front vers ce triste miroir ?

Je le sais, tout se meurt dans ton âme d'automne. Laisse la nuit prendre les fleurs qu'elle moissonne Et l'amour défaillant d'un cœur ensanglanté, Pour qu'après le sommeil et les ombres fidèles

Les clairons triomphaux de l'aube et de l'été Fassent surgir enfin les roses immortelles.

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