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1897

CRÉPON

Pierre QUILLARD

Des oiseaux merveilleux onglés de griffes d'or Tracent dans le ciel calme un candide sillage Et la migration d'un éternel voyage Tend vers des pics lointains leur immuable essor.

Le caprice du peintre ouvrant les ailes vaines Fige ironiquement loin des vierges sommets Leur vol : blancs exilés, vous n'atteindrez jamais Les cimes que le soir vêt de pâles verveines.

Mais le rêve des monts vous donne leur fierté, L'eau des lacs inconnus frémit dans vos prunelles Et l'héroïque amour des neiges fraternelles Illumine vos yeux de gloire et de clarté :

Telle malgré l'horreur des ténèbres accrues Mon âme vole vers la pourpre des printemps Et loin des monts neigeux et des lacs où je tends Rêve au parfum royal des roses disparues.

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CRÉPON · Pierre QUILLARD · Poetry Cove