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1672

LES BOHÉMIENNES

Jean-Baptiste POQUELIN

Les rossignols, dans leurs tendres ramages, Du doux Printemps annoncent le retour ; Tout refleurit, tout rit dans ces bocages. Ah, belle Iris, le beau temps, le beau jour,

Si tu voulois m'accorder ton amour. Flore se plaît au baiser du Zéphire, Et ces oiseaux se baisent tour à tour ; Rien que d'amour entre eux on ne soupire.

Ah, belle Iris, le beau temps, le beau jour, Si tu voulois m'accorder ton amour. Ils suivent tous l'amour qui les inspire. Ah, belle Iris, le beau temps, le beau jour,

Si tu voulois imiter leur amour. Aimons-nous, aimable Silvie, Unissons nos désirs et nos cœurs, Nos soupirs, nos langueurs, nos ardeurs

Et passons notre vie En des nœuds si remplis de douceurs. C'est blesser la loi naturelle De laisser passer des moments

Que l'on peut se rendre si charmants. La saison du Printemps paroît belle, Et nos ans sont riants, tous comme elle, Mais il faut y mêler la douceur des amours,

Et, sans eux, il n'est point de beaux jours.

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