J’avais dans la banlieue Mon toit officiel. Se mirant en l’eau bleue, Quand était bleu le ciel.
J’étais là, bien tranquille, Lisant, ces jours derniers, Les horreurs de la Ville Que narraient ses « papiers » :
Plus d’amour, plus de joie ! Disaient tous ces journaux. Paris semble être en proie À des dieux infernaux.
La Seine de ses berges Brisant les contreforts, Emportait les concierges Qui règnent sur ses bords.
Et ses ondes bourrues Envahissaient aussi Les boulevards, les rues, De Montmartre à Bercy…
Si bien, qu’en cette crise, Les habitants, surpris, Se trouvaient à… Venise, Se croyant à Paris.
Mais, ces feuilles publiques — Pensais-je — leur métier Est d’être hyperboliques, De tout amplifier.
Au surplus, ce déluge Ne m’intéresse pas, Puisque j’ai mon refuge, Ici, non point là-bas.
Que la Seine s’acharne Et déborde ses quais… Moi, qui suis sur la Marne, Qu’est-ce que je risquais ?
On me disait : « Regarde ! » Elle monte… tu sais… » Je n’y prenais pas garde, Imprudent que j’étais !
Car, cette Marne, fière Du progrès de ses eaux, Poursuivait sa carrière Entre mille roseaux,
Active, opiniâtre… Tant c’est, qu’un beau matin. Par son onde jaunâtre Mon seuil était atteint.
Cela devenait grave Pour mes humbles lambris ; Sans compter que ma cave, Qu’est-ce qu’elle avait « pris » !
Bref, par une fenêtre, Je dus fuir en bateau, Avant que de connaître Les méfaits de cette eau
Innombrable, effroyable. Elle était trop ! D’autant, Pour que je fuie au diable, Qu’il ne m’en faut pas tant !
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