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1920

L’ABSINTHE

Raoul PONCHON

Absinthe, je t’adore, certes ! Il me semble, quand je te bois, Humer l’âme des jeunes bois, Pendant la belle saison verte !

Ton frais parfum me déconcerte. Et dans ton opale je vois Des cieux habités autrefois, Comme par une porte ouverte.

Qu’importe, ô recours des maudits Que tu sois un vain paradis, Si tu contentes mon envie ; Et si, devant que j’entre au port,

Tu me fais supporter la Vie, En m’habituant à la Mort.

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