Ils vinrent donc — dit la Gazette — Quand la Reine les eut quittés, Chercher les objets de toilette Qu’ils avaient galamment prêtés.
Combien leur âme fut ravie En constatant, tout à loisir, Qu’elle s’était de tous servie, Conformément à leur désir !
Ô chère enfant ! ô Wilhelmine ! — Disaient ces bons Ruremondois — Nos linges sur ta peau d’hermine ! Nos savons en tes roses doigts !
Et voilà que leurs mains hâtives Tremblaient d’aise, balbutiaient Sur leurs reliques respectives… Ils se pâmaient, s’extasiaient !
L’un reprit ses fards, cosmétiques, Ses boîtes de poudre de riz, L’autre ses fioles d’huile antique Et s’en firent des beignets frits ;
Un troisième de ces bons drilles, Ses éponges… qu’il avala Tout comme il eût fait des morilles. Et Dieu sait s’il se régala !
Tel, avec ses « pattes de lièvre » Obtint un modeste civet ; Tel, de son rouge pour les lèvres, Ne réalisa qu’un sorbet.
Un, de son savon de Marseille Fit un fromage. Un autre mit L’eau de sa baignoire en bouteille, Pour la boire avec ses amis,
À la prospérité du règne ! Celui-ci, non des moins ardents, Se servit des dents de ses peignes En manière de cure-dents.
Celui-là, poussé par le Diantre, Trouva de même fort plaisant De se brosser son pauvre ventre Avec ses brosses, jusqu’au sang.
Puis ce fut cet objet absurde… Comment déjà vous l’appelez ?… Qui devint une pipe kurde, Un narghilé, si vous voulez…
Enfin de ce meuble bizarre, Qui sert aux durs travaux d’Éros. Le dernier fit une guitare Sur laquelle il chanta le los
De sa Reine !
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