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1920

CY S’ENSUIT COMME QUOI

Raoul PONCHON

En dépit de tous médecins, De Combe et de ses noirs desseins, Il n’est guérison que de saints. L’invention n’en est pas neuve.

Ils sont tout puissants. Et la preuve, Dans ce qui t’advint, je la treuve. Ainsi, tu souffrais mille maux, Tant goutteux que rhumatismaux.

Tu te détraquais, en trois mots. Les thérapeutes et leur sorte Déjà ne passaient plus ta porte, Te comptant comme chose morte.

Alors, toi, Breton et demi, Ayant tous ces docteurs vomi, Tu pensas au Ciel, ton ami. Et plein de cette foi qui sauve,

Malgré tes jambes de guimauve, Tu sautas hors de ton alcôve. En pèlerin tu t’équipas, Pour aller joindre de ce pas

Notre Dame du Haut-en-bas ; Où se trouvent six saints rustiques, Qui guériraient les plus sceptiques, Toi, d’autant plus, qui les pratiques :

C’est Saint Mamert, c’est Saint Lubin, Saint Hubert, aussi Saint Méen, Saint Harniaule et Saint Livertin. À Saint Mamert, tu dis : « Mon père,

Fais que je retrouve ma paire… » Et Mamert te rendit ta paire. Puis, tôt après, tu pris un bain Dans la piscine à Saint Lubin,

Dont tu sortis fier et rupin. Saint Méen guérit tes névroses. Humeurs noires, vertes chloroses. Hubert te fit un teint de roses.

Pour le reste… il est bien certain, Que tu dois à Saint Livertin Une chandelle, ô libertin ! Quant à ce brave Saint Harniaule,

Il dit, en te touchant l’épaule : « Surtout n’y reviens pas, mon drôle ! »

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