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1920

CHANSON

Raoul PONCHON

La bise siffle à ma porte… C’est l’hiver ! Mais que m’importe Après tout, l’hiver, alors Que je puis n’en rien connaître,

Si, le nez à ma fenêtre, Je ne regarde dehors ?… Auprès du feu… sur ma table Un vin pur, indiscutable…

Quelques compagnons élus, De tout repos, et que j’aime Au moins autant que moi-même, Que souhaité-je de plus ?

J’ai le bonheur en partage. Je ne veux rien davantage Que ces heures d’amitié. Comme alors ma joie éclate !

Comme mon cœur se dilate, Et déborde de pitié ! Je suis sûr que cette joie, Qui sur ma face rougeoie,

Si je la pouvais semer Par les campagnes moroses. On y verrait mille roses Subitement essaimer.

Et, si je pouvais de même Lancer au ciel froid et blême Mon cœur brûlant et vermeil Je crois que dans la seconde

Il réchaufferait le monde Autant comme le Soleil !

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CHANSON · Raoul PONCHON · Poetry Cove