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1871

LE QUATRE SEPTEMBRE

Joseph POISLE-DESGRANGES

Vous l’avez acclamée en séance publique, En disant : C’est la liberté ! Et le peuple a crié : Vive la République ! Suivons ses lois avec fierté.

Ses lois, ah ! d’abord que sont-elles ? Il faut éclairer les humains : Elles sont toutes fraternelles ; C’est l’union des cœurs, des mains.

C’est du parfait accord l’entente souveraine ; Nul ne prend le titre de roi ; Tout citoyen est chef, un César dans l’arène Où sa force défend le droit !

En république point d’atomes S’attachant aux murs des palais ; Point de moucherons, mais des hommes Pouvant dormir sur les galets.

Point de plaisirs troublant a faculté de l’âme, Point de luxe comme au château ; Un labeur productif pour l’homme et pour la femme ; Et pour l’enfant un doux berceau.

Il ne faut pas en république Qu’un citoyen manque de pain. Que chaque homme de bien s’applique A prêcher l’amour du prochain.

Point de pauvre oublié ; qu’une main libérale Offre à chance les mêmes dons. Il faut que Thémis ait une balance égale Contenant de nombreux pardons.

Il faut qu’on tienne sa parole Sans obéir à l’intérêt, Et que l’on conserve une obole Pour l’offrir à qui cherche un prêt.

Il faut donner aussi l’exemple du courage, De l’ordre et de la loyauté ; Ne plus verser de sang… abolir le carnage Qui fait place à la royauté !…

Mais l’ennemi souille la France Qui ne veut pas de conquérant ; Peuple, il faudra prendre la lance Et te montrer belligérant.

Il te faudra bientôt égorger plus d’un frère Portant l’uniforme prussien. Tous les fils partiront… Hélas ! plus d’une mère Ne reverra jamais le sien !…

Ne peut-on sous la république Implorer doucement la paix ? Sa figure est-elle angélique Ou bien a-t-on durci ses traits ?

Son buste est devant vous, que lui seul vous inspire, Représentants de grands devoirs ! Tout en foulant aux pieds les tapis de l’Empire, Ne dormez point dans ses boudoirs.

Montrez-vous !… et que la victoire Soit acquise sans nul remords ; Pas un pouce du territoire, Pas une pierre de nos forts !…

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