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1871

DES CANONS !

Joseph POISLE-DESGRANGES

Du pain ! dit l’enfant a sa mère : J’ai faim !… — Du bois ! dit la misère : J’ai froid !… Mais Paris ne dit mot ; Paris est le fils de la France !

Son front endure la souffrance, Et son cœur renferme un sanglot. Paris pourrait verser des larmes S’il devait mettre bas les armes ;

Mais j’ai l’espoir que nous vaincrons Avec des canons ! Cloches sans cesse désolées, Suspendez vos doubles volées ;

Que votre bronze soit fondu Pour défendre la capitale. L’ennemi devant nous s’installe ; Mais notre honneur n’est pas vendu !…

Paris le tient dans sa ceinture ; Y toucher serait une injure ; Car j’ai l’espoir que nous vaincrons Avec des canons !

Nos canons, au sortir du moule, Seront demain traînés en foule Par tous nos braves artilleurs ; Car il nous faut tirer vengeance

Des lâches qui souillent la France ! vengeons Strasbourg et Metz en pleurs, Et Châteaudun réduit en cendre !… Allons ! marchons sans plus attendre !

Oui, j’ai l’espoir que nous vaincrons Avec des canons ! Nous vaincrons, nous serons les maîtres ; Plus de despotes ni de traîtres !

N’ayons tous qu’un même étendard, Celui du règne égalitaire ; Que le riche et le prolétaire Marchent de front sur le rempart ;

En avant !… frères !… Sans cuirasse, Regardons les Prussiens en face ! Car j’ai l’espoir que nous vaincrons Avec des canons !

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