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TABLEAU XXX

Évariste PARNY

Il dort ; un baiser le réveille. O surprise ! ô douce merveille ! D'Amours légers environné, Un char par des cygnes traîné

Dans l'air l'emporte avec vitesse. La crainte agite ses esprits ; Mais la belle et tendre Déesse Le rassura par un souris.

Sur des coussins de pourpre fine, Près de sa maîtresse divine Il s'assied, d'amour éperdu. Aussitôt un voile étendu

Forme pour eux un dais utile. Myrtis, de surprise immobile, Dans Vénus revoit les appas Des déesses et des mortelles

Que ses yeux trouvèrent si belles, Et qui tombèrent dans ses bras. Elle répond à son silence :, " Je t'aimai long-temps en secret.

Tout est facile à ma puissance ; Et Vénus de ton inconstance Fut toujours la cause et l'objet. » A ces mots, au berger timide

Ses bras d'albâtre sont tendus ; Par degrés à sa bouche avide Elle livre ses charmes nus, Sous les baisers devient plus belle ;

Enfin permet tout à Myrtis, Et lui dit : « Sois aussi fidèle Et moins malheureux qu'Adonis. " Consumé d'amour et d'ivresse,

Sur les lèvres de sa maîtresse Myrtis boit le nectar divin ; Il meurt et renaît sur son sein ; Et cependant le char rapide,

Glissant avec légèreté Dans l'air doucement agité, Descend vers les bosquets de Guide.

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