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1775

TABLEAU XXVI

Évariste PARNY

Rêveuse et doucement émue, Elle arrive dans le bosquet Où de Vénus est la statue, A ses pieds dépose un bouquet,

Et dit : « O Cypris, je t'implore ; Protége moi contre ton fils. Pour lui je suis trop jeune encore. Je ne veux point aimer Myrtis. "

Quelques jours après sa jeunesse De l'amour craint moins les douceurs. D'un feston de myrte et de fleurs Elle couronne la Déesse,

Disant : « Vois mon trouble secret ; J'aime, apprends-moi comment on plaît. » Elle revient, et le sourire Ouvre sa bouche qui soupire :

" Il m'aime, ô propice Vénus ! Seule à ses regards je suis belle ; Mais je veux par quelque refus Irriter sa flamme nouvelle. »

Une guirlande sous sa main Se déploie ; et de la statue, Que le ciseau fit belle et nue, Elle couvrait… Myrtis soudain

Du feuillage sort, et s'écrie . « Ne couvre rien, ma jeune amie ; Crains Vénus. » Sans force et sans voix, Elle rougit, chancelle, glisse ;

Et la guirlande protectrice Reste inutile entre ses doigts.

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