Rêveuse et doucement émue,
Elle arrive dans le bosquet
Où de Vénus est la statue,
A ses pieds dépose un bouquet,
Et dit : « O Cypris, je t'implore ;
Protége moi contre ton fils.
Pour lui je suis trop jeune encore.
Je ne veux point aimer Myrtis. "
Quelques jours après sa jeunesse
De l'amour craint moins les douceurs.
D'un feston de myrte et de fleurs
Elle couronne la Déesse,
Disant : « Vois mon trouble secret ;
J'aime, apprends-moi comment on plaît. »
Elle revient, et le sourire
Ouvre sa bouche qui soupire :
" Il m'aime, ô propice Vénus !
Seule à ses regards je suis belle ;
Mais je veux par quelque refus
Irriter sa flamme nouvelle. »
Une guirlande sous sa main
Se déploie ; et de la statue,
Que le ciseau fit belle et nue,
Elle couvrait… Myrtis soudain
Du feuillage sort, et s'écrie .
« Ne couvre rien, ma jeune amie ;
Crains Vénus. » Sans force et sans voix,
Elle rougit, chancelle, glisse ;
Et la guirlande protectrice
Reste inutile entre ses doigts.