Myrtis devant Junon s'incline.
Un diadènie radieux,
De pourpre un manteau précieux,
Un sceptre dans sa main divine,
Annoncent la reine des cieux.
Au juge que sa voix rassure
Elle abandonne sa ceinture
Et ses superbes vêtemens :
Sans voiles et sans ornemens,
La nudité fait sa parure.
Alors sur des coussins épais
Que l'or et la perle enrichissent,
Et qui légèrement fléchissent,
Le berger place ses attraits.
Ses regards troublent la déesse.
Elle soupçonne de Pallas
La ruse et la douce faiblesse :
A Myrtis elle ouvre ses bras,
Sourit de sa vive caresse,
Et prudente elle répétait :
« On me croit sage ; sois discret.»