De la jeune et belle prêtresse
L'image poursuivait Myrtis.
Il fuit les autels de Cypris,
Il fuit la brillante jeunesse,
Et chaque jour aigrit son mal.
Un soir enfin du bois fatal
Il franchit de nouveau l'enceinte.
Il baise les rameaux chéris ;
Au ciel il adresse sa plainte :
Le ciel paraît sourd à ses cris.
Éole entasse les nuages ;
De leurs flancs sortent les orages ;
Les éclairs suivent les éclairs ;
La foudre sillonne les airs.
Le berger brave la tempête,
Et le feu roulant sur sa tête.
Le myrte arrosé de ses pleurs,
Par un faible et naissant murmure,
Semble répondre à ses douleurs.
Prodige heureux ! L'écorce dure
Se soulève, et prend sous sa main
L'albâtre et les contours du sein.
Une bouche naît sous la sienne,
Et soudain une fraîche haleine
Se mêle à ses soupirs brûlans.
Les rameaux qu'en ses bras il presse
Transformés en bras ronds et blancs,
Lui rendent sa douce caresse.
Plus de combats, plus de refus ;
Et de Minerve la prêtresse
Est déjà celle de Vénus.