« De Myrtis que la voix est tendre !
Il approche, et n'a pu me voir :
Sous cet arbre il viendra s'asseoir ;
Je veux me cacher et l'entendre. »
La jeune bergère, à ces mots,
Sur l'arbre monte avec adresse,
Et disparaît dans les rameaux.
Le berger sous leur voûte épaisse
Bientôt arrive, et les échos
Répètent ses accens nouveaux :
" Un oiseau venu de Cythère
Se cache, dit-on, dans ce bois.
Sa voix est touchante et légère,
Et son bec embellit sa voix.
Les chasseurs sont à sa poursuite.
Mille fois heureux son vainqueur !
Mais il craint la cage et l'évite ;
Et c'est lui qui prend l'oiseleur.
Jeune oiseau, ton joli plumage
Fait naître l'amoureux désir ;
Et pour moi, dans l'épais feuillage :
Tu seras l'oiseau du plaisir. »
Il dit, et sur l'arbre s'élance :
La bergère ne pouvait fuir,
Et le rire était sa défense :
Au vainqueur il faut obéir.
Quelques Nymphes de ce bocage
Du même arbre cherchent l'ombrage ;
Mais le bruit des baisers nouveaux
Se perd dans le confus ramage
Des fauvettes et des moineaux.