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1775

TABLEAU XVII

Évariste PARNY

« De Myrtis que la voix est tendre ! Il approche, et n'a pu me voir : Sous cet arbre il viendra s'asseoir ; Je veux me cacher et l'entendre. »

La jeune bergère, à ces mots, Sur l'arbre monte avec adresse, Et disparaît dans les rameaux. Le berger sous leur voûte épaisse

Bientôt arrive, et les échos Répètent ses accens nouveaux : " Un oiseau venu de Cythère Se cache, dit-on, dans ce bois.

Sa voix est touchante et légère, Et son bec embellit sa voix. Les chasseurs sont à sa poursuite. Mille fois heureux son vainqueur !

Mais il craint la cage et l'évite ; Et c'est lui qui prend l'oiseleur. Jeune oiseau, ton joli plumage Fait naître l'amoureux désir ;

Et pour moi, dans l'épais feuillage : Tu seras l'oiseau du plaisir. » Il dit, et sur l'arbre s'élance : La bergère ne pouvait fuir,

Et le rire était sa défense : Au vainqueur il faut obéir. Quelques Nymphes de ce bocage Du même arbre cherchent l'ombrage ;

Mais le bruit des baisers nouveaux Se perd dans le confus ramage Des fauvettes et des moineaux.

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