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TABLEAU XV

Évariste PARNY

Dans l'onde fraîche une bergère Se baignait durant la chaleur. Sur le rivage solitaire Myrtis passe ; au cri de frayeur

Il répond avec un sourire : « Ne craignez rien : sous ces berceaux, Sage et discret, je me retire. Mais quand vous sortirez des eaux,

Je vous habillerai moi-même. — Sois généreux, jeune Myrtis, Et n'emporte pas mes habits, Peut-être la Nymphe qui t'aime

Saura te » Discours superflus ! Le berger ne l'entendait plus. De l'onde elle sort, et tremblante Elle arrive sous le bosquet.

Malgré sa prière touchante, Myrtis poursuit son doux projet. En plaçant la courte tunique Sur ce corps de rose et de lis,

Il touche une gorge élastique Et d'autres charmes arrondis ; Sa main rattache la ceinture, Trop haut d'abord et puis trop bas :

La bergère en riant murmure, Et cependant ne l'instruit pas. A son humide chevelure On rend le feston de bluets

Qui toujours forme sa parure. Les brodequins viennent après : Long-temps incertaine et craintive, Elle rougit, enfin s'assied,

A Myrtis présente son pied, Et sa rougeur devient plus vive. Dans ce moment heureux, Phébus Était au haut de sa carrière ;

Le jour finit', et la bergère Avait encore les pieds nus.

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