Caché dans une grotte humide
Où vient mourir le flot amer,
Myrtis, l'œil fixé sur la mer,
Épiait une Néréide.
Tout-à-coup se montre Thétis,
Et sous sa conque blanchissante,
Que traîne ses dauphins chéris,
S'affaissent l'onde obéissante.
A l'entour nagent les Tritons ;
Leur barbe est d'écume imbibée ;
Des coquilles ornent leur front ;
Et de leur trompe recourbée
Au loin retentissent les sons.
Près du char, les Océanïdes
Et les charmantes Néréides,
Variant leurs jeux et leurs chants,
Glissent sur les flots caressans.
Thétis vers la grotte s'avance,
Entre seule, voit le berger,
Rit de son trouble passager,
Et lui commande le silence.
La perle dans ses blonds cheveux
Eu guirlande brille et serpente ;
La perle rend plus précieux
L'azur de sa robe élégante.
Le sable reçoit son manteau,
Et lui présente un lit nouveau.
Aimez, jeunes Océanides ;
Aimez, rapides Aquilons ;
Et vous, charmantes Néréides,
Tombez dans les bras des Tritons.