« Berger, j'appartiens à Diane : Pourquoi toujours suis-tu mes pas ? Je hais Vénus : fuis donc profane ; Crains cette flèche et le trépas. "
Elle dit, et sa main cruelle, Sur l'arc pose le trait léger ; Mais Myrtis, qui la voit si belle, Sourit, et brave le danger.
Un fossé profond les sépare ; Avec audace il est franchi. Imprudent d'un regret suivi, Le trait vole, siffle et s'égare.
La nymphe de nouveau s'enfuit. Le berger toujours la poursuit. Dans une grotte solitaire, De Diane asile ordinaire,
Elle entre ; et sa main aussitôt Saisit et lève un javelot. Sa fierté, sa grâce pudique, Irritent le désir naissant ;
D'un côté sa blanche tunique Tombe et sur le genoux descend ; De l'autre une agathe polie La relève, livrant aux yeux
Les lis d'une cuisse arrondie, Et des contours plus précieux. De son sein, qui s'enfle et palpite, Et dont ce combat précipite
Le voluptueux mouvement, Un globe est nu : le jeune amant S'arrête, et des yeux il dévore, Malgré le javelot fatal,
L'albâtre pur et virginal Qu'au sommet la rose colore. Il saisit la Nymphe, et sa voix Pour l'implorer devient plus tendre.
Des cris alors se font entendre Le cor résonne dans les bois. « Malheureux ! laisse-moi, dit-elle, Diane est jalouse et cruelle :
Si je l'invoque, tu péris. » Malgré sa nouvelle menace, Le berger fortement l'embrasse : Des baisers préviennent ses cris.
Diane approche, arrive, passe, Au loin elle conduit la chasse, Et laisse la nymphe à Myrtis.
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