Phébus achevait sa, carrière ;
Dans les cieux l'ombre s'étendait ;
Myrtis à pas lents descendait
De la montagne solitaire.
Une femme sur son chemin
Se place et doucement l'arrête.
Au croissant que porte sa tête,
A sa taille, à son port divin,
Il a reconnu l'immortelle.
« Cher Endimion, viens, dit-elle.
Un moment pour toi j'ai quitté
Le ciel et mon trône argenté :
Viens, sois heureux et sois fidèle. »
Le berger suit ses pas discrets.
De cette méprise apparente
Il profite, et la nuit naissante
Protége ses baisers muets.
Il trouve dans la jouissance
L'abandon et la résistance,
L'embarras de la nudité,
Les murmures de la tendresse,
Les refus et la douce ivresse,
La pudeur et la volupté.